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Article réalisé par Mr Emmanuel Freund, disponible sur le site du Rectorat de Dijon, à l’adresse suivante :
Collèges d’Autun, Chalon, Montcenis, Montchanin et Montceau-les-Mines (71)
RICOCHET : premiers échos
Cinq collèges, cinq résidences d’artistes, une multitude d’échanges et de rencontres destiné à créer un maillage culturel dense et intense à l’échelle d’un territoire : tel est l’ambition du projet RICOCHET. Créé à l’initiative de chefs d’établissement désireux de rompre avec l’isolement culturel et les routines pédagogiques, le Réseau Inter-Collège des Choix et Evénements Culturels du Territoire est le fruit d’une volonté commune de promouvoir les arts vivants à l’école. Ateliers, rencontres inter-collèges, réalisation de spectacles et d’événements insolites : de nombreuses initiatives ont déjà enrichi une programmation conséquente dans les domaines de la parole, de la musique, de la chorégraphie, du théâtre de rue et de l’art dramatique. Quelles sont les origines de ce projet ? Quelles en sont les premières retombées ? Quels débats, quels questionnements fait-il naître ? A l’occasion du lancement de l’exposition itinérante inaugurée en mai au Conseil général, quelques éléments de bilan et de réflexion.
Cinq collèges, cinq projets singuliers
Origines et objectifs du réseau : un pavé dans la mare ?
Les retombées éducatives et pédagogiques
La résidence d’artiste, vue par… : le point de vue des chefs d’établissement
Contact : http://reseau-ricochet.over-blog.com/
Cinq collèges, cinq projets singuliers
Objectif
Renforcer le partenariat déjà ancien avec l’Abattoir, Centre National des Arts de la Rue à Chalon-sur-Saône.
Compagnie Caracol
- Francine Vidal, auteur, comédienne et metteur en scène : travail de la langue, de la mise en voix
- Nicolas Diaz, peintre et scénographe pour le théâtre et l’opéra : travail sur le graphisme, l’image.
Public
une vingtaine d'élèves de 5ème et de 4ème encadrés par Nathalie Petit, professeur de français, et Jean Pierre Leuret, professeur d’histoire-géographie
Contenu
Sur le thème de la carte postale et de la correspondance, les ateliers sont pluridisciplinaires, mettant en œuvre tout à la fois les ressources du
langage oral, écrit, gestuel, pictural. Une analyse du visuel, du graphisme et de l'interprétation complétée par un travail autour de l’écriture collective (cadavres exquis) et d’une recherche
plastique aboutit à la réalisation d’ « une véritable carte postale grandeur nature, vivante et animée, qui se compose et se décompose comme un puzzle et qui sera recto-verso
! »
La semaine de résidence est l'occasion de réaliser un travail approfondi avec les élèves participant aux ateliers, mais s’ouvre à la participation des élèves, professeurs, souhaitant assister et participer au processus de création.
Déroulement
- 22 octobre 2009 : première intervention dans la cour du collège, « en avant première »
- interventions entre janvier à juin
- résidence du 22 au 26 mars.
- 7 mai : exposition des travaux lors de la journée Porte ouverte du collège
Objectif
impliquer tous les élèves dans un projet culture sur la musique
Compagnie La Fanfarine
« Fanfare lilliputienne » du Sud de la Bourgogne, La Fanfarine explore un répertoire de musiques traditionnelles de France et d’Europe de l’Est. « La Fanfarine invente une musique fluide, festive et bucolique traversée par le jazz, la musique folklorique ou bien encore l’improvisation ».
Public
L’ensemble du collège, soit 276 élèves répartis en 13 classes, ou plutôt en 13 « perles musicales » que les artistes assemblent en un « collier ».
Contenu
Il s’agit d’initier collectivement les élèves à des techniques vocales et à des rythmes musicaux, notamment à partir du répertoire musical de la Fanfarine. Les élèves apprennent également à se déplacer en musique, à être à l'écoute du groupe, à se mettre en scène, à réaliser des créations collectives. Une des classes (3e DP3) a un rôle particulier car elle est chargée de participer à l'organisation finale du spectacle et au soutien logistique de chaque perle (guider le public, repérer les lieux pour la déambulation, réaliser des textes de communication...). La réalisation finale, une déambulation musicale, implique le collège dans son ensemble.
Déroulement
2e semestre : 4 ateliers de 2 heures par classe – chaque artiste encadre quelques classes
25 avril : spectacle au collège
1er mai 2010 : déambulation dans le village de Torcy
Objectif
Découvrir différents styles de danse, montrer une image de la culture hip-hop débarrassée de ses stéréotypes et de ses préjugés
Compagnie Complice
Florence Guijo, chorégraphe hip-hop : elle réalise des interventions de danse hip hop sur la ville d’Autun depuis dix ans, et produit des « shows chorégraphiques » sur la région Bourgogne. Elle participe par ailleurs à des concours chorégraphiques à l’échelle nationale.
Public
Une dizaine d’élèves volontaires
Contenu
Les élèves de l’atelier bénéficient de cours techniques pour se familiariser avec le hip-hop. Mais les interventions sont aussi l’occasion d’apprendre à investir et utiliser l’espace public du collège, voire des autres établissements lors des interventions.
Déroulement
- Rentrée scolaire : intervention de Florence Guijo et de son groupe au collège
- Durant toute l’année : ateliers avec un petit groupe d’élève deux fois par semaine
- interventions « flashs » : lors des récréations, les élèves dansent et montrent l’état d’avancement de leur projet
- 25 mars : représentation au collège Jean Moulin dans le cadre des échanges Ricochet
Objectif
Montrer le processus de création et le rôle de l’erreur dans la construction du spectacle
Compagnie Ici-même
Jacques Norgeville (Jacques Brutillot) : comédien adepte d’un théâtre de rue qui prend son inspiration dans le quotidien et qui peut donner lieu à improvisations ou à de scènes d'impostures. Il fait notamment partie d'un groupe appelé le "street booming" qui réalise des interventions impromptues dans la rue.
Contenu
L’idée de départ est de montrer aux élèves comment tirer parti de l’espace environnant pour se l’approprier et y créer des situations, des improvisations, des happenings. L’enjeu est aussi de développer la concentration et l’écoute de l’autre. Pour le reste, « l’artiste bénéficie d’une grande latitude, notamment pour chercher la rencontre avec les élèves ou les professeurs, ou bien encore les autres établissements. »
Déroulement
L’artiste sera en résidence dans le collège afin de réaliser un véritable travail de création artistique.
16 novembre – 4 décembre 2009 : résidence de l’artiste au collège. Organisation d’un « taï-chi géant » dans la cour du collège
28 janvier : jeux de miroirs – travail sur le mimétisme : imiter l’autre, imiter une fresque, puis imaginer des situations, des histoires, à partir de ces jeux.
25 mars : « Yama-danseuse-kasi-en-Equi’libre » : grand spectacle inter-collèges où les élèves montrent leur performance sur le thème de la liberté, et en fonction de leurs talents : musique, acrobatie, équilibrisme, danse… La performance est réalisée également dans le centre-ville.
Et en guise d’adieux, Jacques Norgeville organise un grand lâcher de peaux de bananes dans la cour du collège…
Objectif
Se confronter de très près à la réalité de la création artistique
Attention Fragile
Compagnie de cirque et de théâtre forain (Marseille) dirigée par l’artiste-comédien Gilles Cailleau
Public
les élèves de 4e et les 3e en priorité
Contenu
Au début, il ya le spectacle de la compagnie, « Le tour complet du cœur », représenté dans le collège, sous chapiteau. La première résidence est l’occasion de sensibiliser l’ensemble des élèves au projet. Les résidences suivantes font l’objet d’une initiation au théâtre et à la mise en scène. Enfin, les élèves les plus « mordus » poursuivent les ateliers théâtre dans le but de créer un spectacle sur le thème de Roméo et Juliette. Les professeurs font le lien entre les résidences afin d’échelonner la réflexion sur le processus de création artistique tout au long de l’année scolaire.
Déroulement
- du 5 au 15 octobre : résidence. Sept représentations de Le Tour complet du cœur, spectacle réalisé à partir des 37 pièces de Shakespeare, dans le cadre du Festival les Contes Givrés en Bourgogne. L’artiste accueille les curieux sous son chapiteau pour leur parler de son spectacle et de sa création.
- 25-29 janvier : résidence du metteur en scène Luc Chambon : travail sur la prise de parole en public, la mise en scène et l’improvisation avec les élèves de 3e
- 22-26 mars : dernière semaine en résidence : initiation au théâtre pour les élèves de 6e
- ateliers théâtre tout au long de l’année
- 5 juin : spectacle final présenté lors des portes ouvertes du collège.
Origines et objectifs du réseau: un pavé dans la mare?
Au départ, il y a une rencontre, celle de cinq chefs d’établissement partageant des valeurs éducatives communes et désireux de « se réunir sur une action différente de celle proposée, formatée, par l’institution ». Leurs collèges respectifs se sont déjà dotés d’un volet culturel étoffé et développé, et la pratique artistique qui s’y est développée a alimenté une réflexion sur les enjeux de l’éducation artistique en milieu scolaire. Chez certains, comme au collège Jean-Moulin de Montceau-les-Mines, une expérience de résidence d’artiste a déjà été menée antérieurement. Emerge alors la volonté de créer un événement fort, impliquant directement ou indirectement l’ensemble de la communauté éducative, élèves comme adultes.
Art postal, hip-hop, théâtre de rue (« streetbooming »), « fanfare liliputienne »… La volonté de sortir de sentiers culturels battus et rebattus se fait nettement sentir dans le choix des genres et des intervenants. Dans sa grande diversité, le projet Ricochet met l’accent sur les arts vivants, dans ses manifestations les plus éclectiques et les plus contemporaines. Il y a un réel parti pris d’étonner, d’interpeller : « Jamais on ne met un artiste hip-hop en résidence dans un collège, comment Thérèse Duban. Un artiste-peintre à la limite, pourquoi pas ? Mais des gamins qui dansent en cour de récréation pour montrer ce qu’ils font, où ils en sont… » En effet, au-delà de l’inédit, de l’effet de surprise, il s’agit de favoriser l’intrusion de l’art au cœur de l’espace scolaire, comme ce chapiteau de la compagnie Attention Fragile dressé au beau milieu de la cour du collège Anne Frank de Montchanin. Une approche qui semble cadrer avec les objectifs d’ouverture culturelle et de tolérance affichés dans les projets de ces établissements.
Mais la démarche va plus loin encore : en se donnant les moyens de favoriser les rencontres entre établissements, entre élèves, mais aussi entre artistes et entre partenaires, il s’agit de fédérer et de créer une identité culturelle à l’échelle d’un territoire. Une ambition d’autant plus déterminante qu’elle concerne un public pour qui la culture est trop souvent ce qui se situe « ailleurs », et pour qui l’offre culturelle de proximité demeure bien souvent ignorée, ou illisible.
Cependant, cette volonté de fédérer ne remet pas en question les spécificités propres à chaque établissement. Bien au contraire, elle doit les consolider, comme en témoigne de façon emblématique le choix d’un domaine artistique distinct d’un collège à l’autre. Enfin, le choix de la résidence d’artiste comme axe fort du volet culturel résulte d’une volonté de ne pas cloisonner la pratique artistique dans une discipline. Comme l’affirme Bruno Chamard-bois, principal du collège Robert-Doisneau, « c’est bien en ouvrant les portes, en donnant à voir, que les choses vont bouger, pas en réinvitant comme on l’a fait des centaines de fois un artiste dans une classe. »
Retombées éducatives et pédagogiques
Le premier bénéfice qui fait l’unanimité, c’est l’ouverture culturelle favorisée par la mise en réseau. « Il y a de nombreux collèges, en zone rurale, en zone d’éducation prioritaire, ou encore en zone « pseudo-urbaine », où l’accès à la culture pose problème », constate Bruno Chamard-Bois, principal du collège R. Doisneau de Chalon. Or, le choix de donner à voir une création en cours d’élaboration, sans que l’on puisse « enfermer un artiste dans une salle, dans une cage », cela provoque nécessairement « quelques vagues, quelques interférences, quelques questionnements sur l’ensemble de la population scolaire ». En somme, la curiosité et les interrogations suscitées par la venue de l’artiste doivent favoriser le trajet en sens inverse pour aller voir sa création dans les autres lieux où elle se fait et où elle se montre – dans les structures culturelles, par exemple. La réussite du projet Ricochet, c’est alors « tout simplement d’aller pour la première fois à l’Arc du Creusot », commente Christine Lafond, la principale du collège de Montcenis. Même écho pour son homologue du collège La Chataigneraie à Autun, dont les élèves, qui connaissaient mieux Eurodisney que l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône, ont pu au cours de multiples sorties découvrir les structures qui jalonnent leur propre paysage culturel. Annie Bonnard, du collège de Montchanin, valide ce constat en pointant un indicateur de réussite révélateur : « Là où on a gagné, c’est que les jeunes ont découvert qu’autour de chez eux, il y avait des choses intéressantes, parce qu’il y a eu des demandes de programmes. » Cet éveil ouvre des perspectives pour la continuation du projet. Ainsi, l’an prochain, l’accès des jeunes au festival des Contes givrés devrait être facilité par la mise en place d’un transport.
Mais l’ouverture de nouveaux horizons ne se réduit pas à une école du spectateur, même quand ceux-ci découvrent qu’ils sont capables d’assister trois heures durant à un spectacle sur Shakespeare ! La présence des artistes est aussi un puissant stimulant incitant les élèves à devenir eux-mêmes acteurs, à tous les sens du terme. Ainsi, Janick Lecomte, principal du collège de Montceau-les-Mines, relève que cette année, la pratique théâtrale a explosé dans son établissement. Il est sans doute permis d’y voir un lien avec les happenings surréalistes mis en scène par Jacques Norgeville, comédien expert en « streetbooming », qui tout au long de sa résidence a montré aux élèves quelques stratégies leur permettant d’investir collectivement un lieu public.
Evolution des comportements
Déterminant pour l’éveil du spectateur, voire de l’acteur, le contact avec des artistes investis corps et âme dans leur création a également un impact déterminant sur les consciences et les comportements des jeunes. L’expérience du collège de La Châtaigneraie à Autun est à ce titre exemplaire. Thérèse Duban, la principale, évoque le cas de ces élèves « déstructurés, malmenés par la vie », qui avaient choisi l’atelier hip-hop dans l’idée d’en découdre avec l’autorité. « Florence Guijo ne leur a pas montré un hip-hop violent, témoigne-t-elle, mais quelque chose de doux, où il y avait des rapports humains. » En parvenant à modifier leurs idées reçues, l’artiste intervenante leur a permis de construire un lien entre le plaisir de la danse et le respect de certaines règles. En relation avec les professeurs d’éducation musicale et d’arts plastiques, très impliqués dans le projet, elle contribue ainsi à donner à ces élèves en difficulté le goût de l’effort, de la rigueur, de la persévérance, les aidant ainsi à transposer ce qu’ils vivent au niveau artistique dans le domaine scolaire. C’est ainsi que l’intervenante est devenue un véritable référent éducatif, voire un médiateur au sein même de la communauté éducative. Christine Lafond dresse un bilan analogue en évoquant la rigueur et la précision dont ont fait preuve les musiciens de La Fanfarine dans la préparation de leurs « perles » musicales. « Il y avait une part d’adaptation, d’erreur mesurée et de réajustement, mais de l’improvisation, jamais. Cela a beaucoup servi, pour des jeunes en manque de repères, à en acquérir d’autres et découvrir que l’art, ce n’est pas du n’importe quoi ».
Au-delà du sens de l’effort et de l’assiduité, vertus scolaires cardinales, de telles prises de consciences en amènent d’autres. Sur la responsabilisation, individuelle d’abord, collective ensuite, lorsqu’il s’agit de « restituer » en public un travail en atelier slam, lors de la « semaine autrement » du collège de Montchanin. Ou encore sur l’image de soi, lorsqu’on est amené, pour les besoins du spectacle avec La Fanfarine, à se produire devant les copains… déguisé ! « Il y a tout un travail, reprend C. Lafond, pour leur faire comprendre que leur force, justement, c’est d’être acteur, de pouvoir être dans un autre rôle. Donc ils se disent : On a un travail à faire sur nous. C’est déjà bien qu’ils le disent… »
Changement de regards, changement de pratiques
Sur le plan pédagogique, les effets des résidences s’avèrent fructueuses pour certains enseignements, celui de l’histoire des arts en particulier. Mais les retombées sont parfois plus paradoxales que prévues, en fonction du tour inattendu que peuvent prendre les projets au cours de leur déroulement. Au collège de Montchanin, tout au long de la résidence, se sont progressivement construits un travail et une réflexion sur la perception que les adultes avaient de l’élève et de la façon de l’aborder. C’est ainsi que le projet s’est terminé par deux sessions d’atelier théâtre à destination des professeurs, sur le thème : comment faire passer un enseignement, c’est-à-dire un message, dans une salle de classe considérée en l’occurrence comme un espace scénique. « A la fin de la résidence, commente Annie Bonnard, j’ai des enseignants qui se posent des questions et qui sont prêts à évoluer dans leur pratique de transmission de connaissances. »
Cette réflexion va d’ailleurs plus loin encore, puisqu’elle soulève des débats autour d’un autre thème, celui de l’évaluation. S’il semble à peu près acquis que la pédagogie de projet en relation avec des interventions va dans le sens de l’évaluation par compétences, et donc du socle commun, la question s’est posée d’associer ou non l’artiste intervenant à cette évaluation. Si certains sont soucieux de pas pratiquer le mélange des genres et de conserver l’étanchéité entre ce qui relève de la pédagogie et ce qui relève de l’intervention artistique, d’autres sont prêts à envisager ce type de collaboration, limitée il est vrai à des compétences « éducatives » : savoir-faire, savoir-être.
Cette question en soulève une autre, plus générale et peut-être plus essentielle : quel peut, quel doit être le degré d’interaction – ou d’interférence – entre le projet de l’artiste en résidence et le projet pédagogique des enseignants ? Quels choix opérer pour garder le fil la part nécessaire de liberté qu’implique l’intervention de l’artiste, et la nécessité tout aussi impérieuse de limiter la prise de risques ? « Je ne suis pas intimement persuadé que les professeurs doivent être inclus dans le projet de l’artiste, déclare Janick Lecomte. Quand l’artiste vient en résidence, il intervient dans les cours des professeurs qui le lui ont demandé, mais la création, c’est la sienne. » A ce parti pris mettant en avant le danger de récupération de la spontanéité artistique par l’institution, Thérèse Duban répond par la nécessaire rigueur, essentielle à toute création artistique, et dont le goût ne peut être transmis que par une préparation minutieuse impliquant une coopération entre l’intervenant et les enseignants.
Ce type de débat confirme en tout cas le bilan que dresse Bruno Chamard-Bois, à l’issue des premiers mois d’existence du réseau Ricochet. « Ce qui a fonctionné véritablement, c’est la mutualisation et l’échange d’idées entre chefs d’établissement. » Pour le reste, tous s’accordent à reconnaître qu’un an, c’est très court, et que le temps de la réflexion est à présent nécessaire pour réorienter le projet et prolonger le travail entamé.
La résidence d'artistes, vue par...
Bruno Chamard-Bois, principal du collège R. Doisneau (Chalon-sur-Saône) :
« Ce n’est pas en enfermant une pratique dans une discipline artistique qu’on va faire bouger les choses. C’est bien en ouvrant les portes et en donnant à voir que les choses vont évoluer. »
Thérèse Duban, principale du collège La Chataigneraie (Autun) :
« Aller dans les structures, c’est bien. Mais amener l’art au sein des établissements, c’est bien aussi. L’art n’a pas de lieu. »
Annie Bonnard, principale du collège Anne Frank (Montchanin) :
« A la fin de la résidence, j’ai vraiment des enseignants qui se posent des questions et qui sont prêts à évoluer dans leurs pratiques de transmission de connaissances, d’évaluation. »
Christine Lafond, principale du collège Les Epontots (Montcenis) :
« La résidence a beaucoup servi à nos jeunes qui n’ont pas de repères pour qu’ils découvrent que l’artistique, ce n’est pas n’importe quoi, qu’il y a de la rigueur, des règles. »
Janick Lecomte, principal du collège Jean-Moulin, (Montceau-les-Mines) :
« La résidence d’artiste, c’est le saut dans l’inconnu. Quand l’artiste est là, il fait des rencontres. A partir de là, tout peut arriver. »
Ricochet: en bref
·Le réseau Ricochet est constitué de :
|
cinq établissements |
cinq domaines |
cinq compagnies |
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Collège Anne-Frank, de Montchanin principale : Annie Bonnard |
Art dramatique |
Attention Fragile |
|
Collège Robert-Doisneau, de Chalon-sur-Saône principal : Bruno Chamard-Bois |
Arts de la parole |
Caracol |
|
Collège La Châtaigneraie, d’Autun principale : Thérèse Duban |
Chorégraphie hip-hop |
Complice |
|
Collège Les Epontots, de Montcenis principale : Christine Lafond |
Musique |
La Fanfarine |
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Collège Jean-Moulin, de Montceau-les-Mines principal : Janick Lecomte |
Théâtre de rue |
Ici-même (Jacques Norgeville) |
·Partenariat
Le réseau Ricochet est soutenu par l’Education nationale, la DRAC Bourgogne et le Conseil général de Saône-et-Loire, ainsi que les communes ou communautés de communes de Montchanin, du Grand Chalon et du Creusot-Montceau et l’association Antipodes (Festival les Contes Givrés en Bourgogne).
·Coordination et communication
La coordination entre les résidences d’artistes est assurée par Hélène Pipon, basée au collège de Montchanin, qui gère également la communication et la mise en valeur du projet dans un blog très complet et régulièrement mis à jour.
Autre lien essentiel entre les différents établissements, le photographe Folly Afahounko, dont les photos, les vidéos et les travaux numériques contribuent efficacement à la mise en valeur du projet.
·Agenda
L’exposition Ricochet, réalisée par le photographe Folly Afahounko, sera présentée du 6 au 20 mai 2010 à l'Espace Duhesme du Conseil général à Mâcon. Elle se promènera ensuite successivement dans chacun des cinq collèges de mai à juin. Vernissage le 6 mai à partir de 17h.